Editorial Nous sommes des terroristes
Parmi eux: L’affreux Poutine et le génocide qu’il a perpétré en Tchétchénie, le salaud de Sharon et ses monstruosités quotidiennes, le lugubre Pervez (Pervers?) Moucharraf , putschiste qui, des années durant, a soutenu à la fois les affreux taliban et les nébuleuses d’al Qaïda et qui brandit actuellement l’arme nucléaire, sans oublier tous les autres petits et grands monstres au passé peu reluisant qui ont fait allégeance à Bush et à ses acolytes. Celui-ci ayant proclamé: «Vous serez avec ou contre nous», les espaces aériens se sont ouverts comme par enchantement à son aviation, des territoires lui sont cédés pour devenir des bases américaines et les services secrets de ces pays vassaux se sont mis sous la houlette de la CIA. A propos CIA: Toujours pas de nouvelles d’Oussama Ben Laden? C’est pour quand sa capture? Mais pour qui nous prend-on donc? – Pour les imbéciles qu’on est. Résumons: Une CIA qui, dit-on, en savait long avant le 11 septembre, un FBI qui, apparemment, n’avait pas été mis au courant, une NSA (Agence de sécurité nationale chargée des écoutes dans le monde) qui ne comprenait pas ce qu’elle entendait la veille de l’attaque. Faut savoir que c’était en arabe. Et le Président, qu’en savait-il? Autant que sur Enron? Plus? Moins? Ce qui est sûr, c’est que chaque fois qu’une nouvelle bavure des instances les plus secrètes des USA est révélée et que de nouveaux soupçons concrets planent sur la Maison d’un blanc plus que douteux, «Dubya» pique une crise de fureur. Parce que ses services ont été nuls? Nenni! Parce que ses cons-citoyens, à la suite de ces «fuites inappropriées», reçoivent des révélations que leur Président aurait voulu tenir secrètes… Alors, pour qu’on ne s’interroge pas trop, il faut que, dare-dare, Mr. Rumsfeld ou cet intégriste peu intègre d’Ashcroft – qui, s’il était catholique, ferait sublime figure à l’Opus Dei! – annoncent l’imminence de nouveaux attentats, afin de créer de nouvelles petites psychoses. Après l’anthrax, ce sont des bombes atomiques «sales» (y a-t-il donc des bombes «propres»?), les camions-citernes bourrés, de nouveaux enlèvements d’avions ou des attaques contre des aéroports et des navires de guerre. C’est pour le 4 juillet, affirme-t-on. On va voir demain. En tout cas, rien de tel pour prendre d’autres mesures liberticides, pour donner un tour de vis (vice?) supplémentaire à la surveillance absolue et pour priver les gens, et surtout les non-citoyens US, de toute possibilité de se défendre, car si tu es soupçonné, on te traduit devant un tribunal militaire qui te juge à huis clos et te condamne à mort, sans que tu aies ni le droit d’être assisté par un avocat, ni la possibilité d’un recours. C’est bien de «guerre» que Bush a parlé et il déclare être en guerre. Mais ceux que ses troupes ont capturés en Afghanistan et qu’ils ont transportés à Guantanamo, il leur refuse le statut de «guerriers» et de prisonniers de… «guerre». La Convention de Genève, c’est pour les autres, cela concerne aussi peu les USA que la Cour pénale internationale! Vae victis! Et l’Afghanistan, premier pays attaqué? On s’est débarrassé des taliban, c’est une bonne chose. Thatcher, avec sa guerre des Falklands, avait elle aussi réussi à culbuter la dictature en Argentine: le meilleur résultat qu’elle ait obtenu pendant qu’elle était au pouvoir, mais ce fut, comme pour les taliban, un «effet collatéral». Qui ne «compte» pas. L’essentiel est que les USA aient réussi à s’installer là-bas, tout comme dans les anciennes républiques d’URSS tout autour, qu’ils ne vont plus quitter. En vérité, Ben Laden n’a pas été l’objectif de cette guerre, mais son prétexte. Selon Michel Collon, auteur et spécialiste des questions militaires, il s’agit pour les Etats-Unis ( 1) de contrôler le pétrole et le gaz d’Asie centrale, (2) d’imposer des bases militaires au coeur de l’Asie entre la Chine et la Russie, (3) de militariser leur économie comme solution à la crise qu’elle traverse et (4) de briser la résistance du tiers monde et la lutte anti-mondialisation. Voilà pourquoi, Bush a inventé l’«Axe du Mal» pour désigner ceux qui n’acceptent pas son diktat. Voilà pourquoi, il aura sa guerre pour renverser Saddam Hussein et pour réussir là où Daddy avait échoué: Les événements du 11.09.01 – selon la FAO, ce jour-là, également 35.615 enfants sont morts de faim, sans que personne ne lève le petit doigt en signe de protestation! – lui permettent, ainsi qu’à cet immonde lobby du pétrole, du gaz, du nucléaire et aux différentes mafias, auxquels Junior doit son poste, de verser de l’huile sur le feu, afin de pouvoir jouer au pompier et au gendarme du monde. La vérité est que de ce type, au cynisme sans scrupules, qui – pour chacune de ses saloperies a le nom de «God» aux lèvres – constitue la pire menace pour la paix et la stabilité mondiales depuis les effrayants temps du moustachu autrichien. Comme dans la logique du Bush-Man, tous ceux qui ne le soutiennent pas, sont des terroristes, nous sommes donc des terroristes. Mais nous continuerons à poser des questions.
Guy Wagner |
© Guy Wagner, kulturissimo mensuel (Tageblatt) - N°10. Juillet 2002 Retour articles de presse... |
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