Comme en janvier, nous continuerons dans l'édition de ce mois de kulturissimo à traquer les erreurs véhiculées pour la commémoration „Mozart“.
Ce sont en fait largement les mêmes qui circulent partout. |
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Aujourd’hui: Le Figaro „hors série“
a. „le 12 février 1785, Haydn assiste à l’audition des trois derniers concerts pour lesquels Léopold a fait exceptionnellement le voyage à Vienne.“
Faux. Ce jour-là, Haydn assiste à une soirée privée chez Mozart, au cours de laquelle sont joués les trois derniers des quatuors qu’Amadeus lui a dédiés. Léopold n’avait pas fait le voyage à Vienne pour les concerts de son fils, mais pour le revoir, lui et Constanze. La veille, il avait assisté au premier des concerts de souscription, au cours duquel son fils avait créé le Concerto K.466 à l’heure même où Haydn a été était initié en maçonnerie. C’est cet événement qu’Amadé fête le 12.
b. Légende sous un fameux tableau: „Réunion de la loge maçonnique à Vienne par Maler (1790)“.
Vrai et faux. Ce tableau ne montre pas „la“ loge, mais celle dénommée „A l’Espérance couronnée“. En 1790, il y en avait au moins deux. Le peintre est inconnu, mais ne s’appelait certainement pas „Maler“ … „peintre“ en allemand.
c. Légendes d’illustrations: On parle d’abord des „Derniers jours de Mozart“ du peintre „Kaubach“, ensuite des „Funérailles de Mozart (1791)“, sans indication d’artiste.
Faux. Il s’agit dans le premier cas de Hermann Kaulbach (1846-1909) et la peinture est de 1893. Dans le second, le tableau s’appelle „Le convoi du pauvre“ de Pierre-Roch Vigneron (1789-1872), exposé au Salon de Paris de 1819. Cette oeuvre a beaucoup contribué à la légende de l’enterrement de Mozart dans une fosse commune.
d. „Arrivé aux fortifications, le cortège se disperse. Seul le corbillard poursuit sa route jusqu’au cimetière Saint-Marx. La dépouille est enterrée dans un tombeau collectif. Quelques jours plus tard, Constanze veut s’y recueillir et planter une croix là où repose son mari. Aucun fossoyeur ne peut la renseigner.“
Faux. Oh, Madame Sophie Humann, tant de contrevérités d’un seul coup! Les adieux des proches se sont faits à Saint-Etienne. Le corbillard a recueilli tous les cercueils à la nuit tombante (règlement de Léopold II de 1790). Constanze n’est allée sur le cimetière que 17 (!) ans plus tard et certainement pas pour y planter une croix. Entre-temps le fossoyeur de l’époque était mort, et, comme vous l’écrivez en conclusion: „On ne sait toujours pas où est enterré Mozart.“
Du moins, ça, c’est vrai.
Guy Wagner
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