Nadine Nortier
bouleversante
Mouchette
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Robert
Bresson
a atteint des cimes. ",Mouchette", son dernier
film, le prouve, II y a peu d’œuvres où
l'on se trouve plongé plus profondément
dans les méandres de l'âme humaine, où
avec si peu de mots un metteur en scène dise
davantage. Comme dans le "Journal d'un Curé
de Campagne", Bresson explore Bernanos. ,,Mouchette"
(Nadine Nortier, au visage bouleversant) c'est l'adolescente,
qui se heurte à l'incompréhension, au
mépris, à la dureté et à
la méchanceté. Elle est l'incarnation
de la souffrance et de la solitude humaines. Ses rares
sourires douloureux sont ravagés par les gifles
de son père ivrogne. (Scène de la kermesse
!) Le seul être qu'elle ait compris, parce que
lui aussi se trouve en marge de la société,
c'est le braconnier. Il la viole. Le seul être
qui l'aime, c'est sa mère. Elle meurt. Toutes
les issues sont barrées. L'étang, qui
lui donnera la mort, seul, ne l'aura pas repoussée,
il l'attire.
Bresson fait parler l'image et les silences. Ses prises
de vue fixent l'essentiel. Elles vont au-delà
de l'horreur qu'elles inspirent, et de la pitié
qu'elles appellent. Elles visent les âmes des
personnages et surtout celle de Mouchette.
Voici d'abord l'univers qui encercle Mouchette; plans
admirables dans leur violence. Les images de la perdrix
prise dans les filets du braconnier sensibilisent afin
qu'on puisse davantage se passionner pour Mouchette,
bête traquée, elle aussi. |