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Emile Kirscht

par Guy Wagner

Le chemin de l'abstraction

Kirscht franchit le Rubicon en 1957.

Le passage vers l'abstraction va de pair avec une explosion de couleurs et de formes, une profusion de dynamique et de mouvement, un feu d'artifice gestuel et pictural. Même si sa première œuvre abstraite s'appelle Composition et qu'ainsi il se réfère tant à Kandinsky qu'à de Staël, cette peinture et les suivantes, dont Automnal, sont loin d'avoir résolu les problèmes que pose l'abstraction lyrique. Kirscht force, certes, l'admiration: "In mehreren 'Gouaches' (N.B.: l'une, dénommée Gouache est reproduite dans le journal), lässt er seine Fähigkeiten erkennen, abstrakte Themen durchaus persönlich und originell zu behandeln (...) Ein die Kunst leidenschaftiich Liebender: dies zeigen seine maferischen Leistungen." (Joseph Hanck)

Cependant, il n'est qu'au début de son itinéraire, et c'est seulement en 1963 qu'on reconnaîtra: "Emile Kirscht a abandonné ce qu'il y avait de maladroit dans ses compositions de naguère et semble maintenant à l'aise dans l'abstraction." (Joseph-Emile Muller)

L'effusion s'assagira, et Kirscht passe par une phase où il oppose à sa profusion intérieure une grande rigueur des formes. Celles-ci deviennent géométriques; lignes et surfaces structurent des paysages intérieurs: Village, peint selon une méthode chère à Klee, transmet la vision d'une topographie, et on pourrait appliquer à Kirscht ce qu'a dit Klee: "L'art ne reproduit pas le visible, il rend visible." (Paul Klee) Pour Kirscht, plus encore que sa peinture figurative, chaque tableau abstrait devient "une réplique au monde, une image restituée, en réponse, par l'émotion qu'il ressent devant ce monde". (W. Hoffmann)

Cette reconquête de la forme lui permet de redonner libre cours à l'épanouissement des couleurs qui est néanmoins assujetti à un principe constructeur: Ce sont les couleurs et leur interaction qui constituent la structure des œuvres. Leur confrontation, leur harmonie réalisent le contenu des tableaux. Pour aboutir à ces effets, Kirscht travaille de façon encore plus rigoureuse et plus conséquente le support. Ainsi, il y a pour chaque œuvre une couleur de fond, et c'est à partir de cette période de son travail que le blanc se raréfie dans l'oeuvre de l'artiste.

Le support est couvert et recouvert d'autres couleurs qui, à leur tour, subissent le même traitement, et il importe à l'artiste de montrer le processus de sa démarche en même temps qu'il en présente le résultat.

Emile Kirscht: Village, 1959, 50*40

 

 Portrait


Photo: Jochen Herling

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