|
20 ans de
Choréothéâtre
Merci, Françoise
|
Que le temps passe vite ! Vingt ans
déjà !
Vingt ans que tu vis et travailles au Luxembourg, ce pays qui t'est
devenu une deuxième patrie, ce pays où tu as tes amis,
tes connaissances, tes élèves, tes admirateurs, où
vivent également ceux qui te jalousent ton succès, qui
t'en veulent parce que tu as réussi : C'est la rançon de
la gloire, tu le sais. Mais tu sais aussi que ceux qui te soutiennent
et qui t'aiment pour toi-même et ton travail sont bien plus
nombreux que les autres ...
Il y a vingt ans que tu es arrivée au Grand-Duché comme
artiste qui avait brillamment réussi à l'Ecole Popard,
qui aimait la méthode pédagogique de cette institution
visant à un épanouissement plein et entier de
l'être, alliant avec un bonheur rare danse, expression
corporelle, pantomime, gymnastique rythmique et harmonique,
improvisation, recherche théâtrale. Une école, une
institution qui fait fi des méthodes et techniques "en vogue"
réduisant l'être à une machine bien rodée,
mais sans âme.
|
|
Or,
c'est le développement harmonieux, l'épanouissement par
lacceptation d'une discipline bien comprise, la perfection de
l'attitude, du geste et du mouvement que toi tu prônes depuis
vingt ans (déjà).
Ce
qui m'a toujours frappé dans ton travail, c'est l'amour que tu
portes aux jeunes, aux enfants et aux adolescent(e)s avec lesquels tu
travailles. J'ai toujours adoré la fraîcheur, la
grâce que tu réussis à insuffler à leurs
é volutions, la spontanéité, la joie qu'ils ont
à s'exprimer par leur corps. Je garde en mémoire la "Rue
des Enfants", ce spectacle qui à lui seul aurait suffi à
prouver péremptoirement tes immenses dons de pédagogue.
D'ailleurs, tant d''"images" de ton travail me restent en tête,
tant de spectacles qui ont porté la griffe de ton talent, un
talent à l'abri de tout tape-à-l'oeil que d'aucuns -
eussent-ils été tes émules ! - croient devoir
pratiquer pour obtenir le succès facile.
Non,
le succès n'est pas facile chez toi, c'est le fruit d'un long et
patient effort, d'un travail que tu as fait et que tu continues de
faire sur toi-même et sur tes élèves. Mais
voilà : la vraie création artistique, c'est celle
où on ne voit plus le travail qui a été à
son origine, c'est le résultat apuré de l'effort qui le
sous-entend.
|
|
Ce résultat, il s'est
montré dans tant de tes réalisations : dans tes galas
annuels qui remportent des triomphes, dans les spectacles auxquels tu
étais associée, dans les événements qui ont
pour ainsi dire appelé ta participation pour avoir une dimension
autre, comme tout récemment encore "Et si l'on chantait ... Brel" où
la presse t'a attesté que tu t'étais "emparée
de l'âme de Brel avant d'en transcrire les subtilités dans
des ballets résolument modernes et tout simplement
géniaux."
Je pense également
à ton travail, ta recherche sur la musique de Mikis Theodorakis
que, comme moi, chère complice, tu adores. C'est en voyant "Le Soleil et le Temps", il y a cinq
ans déjà , que j'ai mesuré les vraies dimensions
de ton art, et ton apport à l'hommage à Mikis Theodorakis
dans le cadre du "Feschtival" du 25e anniversaire du
Théâtre d'Esch a été déterminant :
J'ai toujours en mémoire le bonheur de tes danseuses
d'évoluer, dans des robes magnifiques, sur le "Sto Perighiali" d'"Epiphania". Ton apport a
donné aux "Chansons de
liberté et de paix" leur vraie liberté , leur
vraie paix.
|
C'est
ce que je tenais à te dire à la veille de cet
anniversaire, comme ami et admirateur, comme partenaire pour plusieurs
de tes réalisations. Mon souhait est que tu nous restes pour
nous montrer avec ton "Choréothéâtre" qu'en art il
n'y a que la vérité et la quête de la beauté
qui triomphent en fin de compte.
Merci, Françoise, merci pour tout.
Guy Wagner
|