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L'ordre
du jour
Ainsi donc, il
paraît que la mare où le pavé de l'attentat
terroriste munichois est tombé, a retrouvé sa
sérénité olympique d'antan.
C'est dire qu'après les émotions réelles
ou feintes, les larmes de deuil ou de crocodile, les déclarations
sincères ou politiques, on est passé de nouveau
à l'ordre du jour.
C'est dire que les jeux continuent sur tous les plans, car
les jeux de l'intrigue et du hasard doivent continuer, étant
donné qu'il n'y a rien de plus important que d'oublier
l'inoubliable.
Ce qui veut dire que Tricky-Dicky, alias Mister Président,
après avoir proclamé la nécessité
de lutter internationalement contre le terrorisme, continue
de terroriser la population vietnamienne au moyen de milliers
de tonnes de bombes infectes.
C'est dire qu’à l’Est on ne fait plus le
procès du terrorisme, étant donné qu’on
a d'autres procès en Tchécoslovaquie à
fouetter.
C'est dire qu'outre-Rhin on oublie les victimes pour chercher
et trouver dans le gouvernement Brandt-Scheel un bouc émissaire
et une victime d'une toute autre importance.
C'est dire que le fanatisme et le racisme qui ont trouvé
leur apothéose négative à Munich continuent
de fleurir un peu partout dans le monde.
C'est dire que le non qu'on a dit à la violence est
en train de se muer en un oui mais.
C'est dire que le terrorisme irlandais, brésilien,
ougandais, etc. sont de nouveau à l'ordre du jour des
bulletins d'information, sans qu'on s'en émeuve outre
mesure, c'est du normal ça.
C'est dire que les représailles israéliennes
sont acceptées comme normales, même s'il y crève
bien plus de gens qu'à Munich.
C'est dire que tout reste comme si rien n'avait changé.
C'est dire que tout est pour le pire dans le pire des mondes
possibles.
Pauvre monde!
(Réflexions après l'attentat aux J.O. de Munich)
(suite de la suite)
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