Force
de frappe
Ainsi donc, il
paraît que les seuls qui aient gardé la tête
froide et qui n'aient pas accablé le régime
caudillonien de réprimandes, de reproches et de protestations
concernant la dégueulasse affaire de Burgos, ce furent
les officiels des Etats – hem! – Unis.
Et les journaux obligatoirement orthodoxes d'Hispanie de s'en
féliciter au lendemain du jour mémorable où
leur Franc-con avait généreusement accordé
la grâce à des torturés et avait évité
de se souiller davantage les mains de sang.
A la même occasion, ils n'ont pas manqué de publier,
comme si on ne la connaissait pas suffisamment, la binette
de rapace vétuste de celui qui a proclamé en
1939 (trente et un ans déjà!): "Mais
cette liquidation (de la guerre civile) ne doit pas être
faite à la manière libérale, avec amnisties
monstrueuses et funestes, qui sont une duperie plutôt
qu'un geste de pardon. Elle doit être chrétienne,
grâce au rachat par le travail, accompagné de
repentir et de pénitence. Celui qui pense autrement
est un inconscient ou un traître."
On dirait donc que le gouvernement Nixon ait pensé
de même.
Reste à honorer de si précieux alliés
par de jolies petites bases d'où ils peuvent défendre
un Occident tellement libre qu'il se croit, en maints endroits,
tout permis. Reste surtout à faire oublier avant mai,
–foi d'animal! - le traumatisme que le procès
de Burgos a engendré et la peur de "mourir à
Madrid". Pour cela on a déjà lancé
un nouveau slogan touristique:
"Espagne: Entrez sans frapper!"
Allons-y! Frappons-les en n'entrant pas!
(Une de mes bêtes noires était le sinistre
dictateur espagnol Franco. Ce texte a été écrit
après le tristement célèbre Procès
de Burgos)
(suite de la suite)
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