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Aggiornamento
Ainsi donc, il
paraît que nous n'avons pas fini de nous démêler
avec cette institution vétuste parmi toutes: l'Eglise,
avec "E" majuscule, s'il vous plaît! Bien
sûr, il y a quantité d'églises, mais il
n'y a qu'une qui abonde en majuscules, notre bonne Mère,
la Sainte, l'Une, la Catholique, l'Apostolique, la Romaine,
l'église omniprésente, omnipotente, omni tout
quoi!
Pourquoi s'en occuper encore? me dira-t-on. Tout le monde
sait que la barque de Saint-Pierre est en train de couler.
Tout le monde le sait, même ceux qui président
aux destinées de cette énorme machine.
Eh bien, on s'en occupe, parce que cette Eglise ne cesse de
s'occuper de choses dont elle ne s'est pas préoccupée
pendant des siècles et des siècles où
tout le pouvoir, spirituel et séculier, était
le sien. Ah, si l'Eglise avait fait alors pour ses fidèles
ce qu'elle prétend faire aujourd'hui, dans quel monde
heureux, dans quel Jardin d'Eden vivrions-nous! On n'aurait
pas eu besoin d'inventer Marx, ni le socialisme, ni le pouvoir
du peuple, pour tenter d'instituer sur terre ce que cette
Eglise promettait aux générations d'antan au
ciel où un repos éternel serait le bonheur des
esclaves.
On s'en occupe surtout parce que cette Eglise, au nom de je
ne sais quelles prérogatives prétend imposer
son droit, sa foi et sa loi à un état laïc
qui, au fond, n'a rien, mais absolument rien à voir
avec elle. Bon, on nous a baptisés l'Occident chrétien.
Mais qu'est-ce que ce christianisme a apporté à
l'Occident? La persécution des juifs, des païens,
des femmes et des hérétiques, l'inquisition,
la torture, les bûchers pour neuf millions de sorciers
et sorcières et des guerres religieuses d'une atrocité
sans pareille. Donc, qu'il y en ait d'aucuns qui ne veulent
plus rien à voir avec ce christianisme occidental,
qui voudrait le leur reprocher? Que l'Etat cherche à
se distancer de cette institution, qui l'en blâmerait?
Qu'on aspire à une séparation nette entre deux
pouvoirs, qui s'en sentirait offusqué?
Eh bien, ceux-là mêmes qui depuis toujours ont
opprimé le monde, les cléricaux! On parle de
nos jours chez nous de "Kulturkampf", on vitupère
contre une jeunesse démocratique et socialiste qui
prône la séparation de l'Eglise et de l'Etat,
on s'insurge contre l'anticléricalisme. Mais qu'on
se le dise une fois pour toutes: pour qu'il ait anticléricalisme
il faut qu'il ait d'abord cléricalisme. Or, où
celui-ci est-il plus virulent que dans un pays où le
pire des cléricaux est directeur du pire des journaux?
(Une autre de mes bêtes... noires)
(suite de la suite)
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