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Qui s'y frotte, s'y pique I

Pendant sept ans, j'ai réalisé une rubrique hebdomadaire dans le "Tageblatt", principalement dans "Le Phare", dans laquelle je traitais de manière ironique, sarcastique, furieuse, colérique, impertinente de petits et grands faits de l'actualité.

Que cette rubrique ait suscité l'ire de de ceux à qui je m'en prenais, n'est que naturel,... un des rédacteurs du "Wort", une de mes cibles régulières, m'attribuait même le surnom de "Frozzipick".

Tous les textes commençaient de la même façon: "Ainsi donc, il paraît que"...

Voici donc une sélection de vingt de ces textes, répartis sur les sept ans. Ils vont du fait divers au fait politique en passant par les faits de société. Là où je crois que, plus de trente ans après, une explication est nécessaire, je la donne en fin de texte.


Ordioni désordonné

Ainsi donc, il paraît que nous Luxembourgeois bien tranquilles sommes à l'origine de ce que la glorieuse armée française a – en mai 40 – pris les pieds au cul pour échapper aux bottes nazies. Selon le sieur Ordioni, les habitants de notre bassin minier, tous membres de la cinquième colonne allemande, ont bien montré un air de bonhomie débonnaire et de charité toute chrétienne aux soldats français, mais c'était pour mieux cacher le poignard imbibé du poison teutonique dont leur âme était pleine, – poignard dont ils frappaient ledit baron et autres bene merenti de son espèce, dans leur dos à découvert, alors qu'ils sentaient le feu aux poudres et qu'ils effectuaient un repli stratégique…

Eh oui, faut bien que quelqu'un soit responsable!

En somme, notre pays ressemble étrangement à un certain village gaulois illustre gui ne finissait pas de donner du fil à retordre aux légions romaines. Mais alors, nous serions tous tombés dans un chaudron de potion magique alors que nous étions petits? Quant au baron Ordioni, il n'a pas peur du ridicule, il craint seulement que le ciel ne lui tombe sur la tête.

p.s. Merci à Ordioni d'avoir confirmé nos propos si péremptoirement à Longwy. Le voilà qui était dans les transes en voyant une vingtaine de Luxembourgeois: elle était là, la fameuse "cinquième colonne" imbibée de potion magique et prête à lui taper dessus. Il fallut donc à tout prix barrer l'accès de la salle où lui il se fit donner de l'encens.

Si la trouille du "diplomate-baron" a été telle en 70, comment ne pas comprendre que trente ans auparavant, il filait l'oreille basse devant la cadence régulière du bruit sourd des bottes de la Wehrmacht, et si le grotesque tuait son homme, quel bel enterrement en perspective!



(Il s’agit d'un certain Pierre Ordioni qui, comme "historien" avait réussi à faire quelques vagues fin des années 60, début des années 70. Et qui en connaît encore ne serait-ce que le nom?)

(suite de la suite)



© Guy Wagner, 17.10.1970

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