Collège
des Bourgmestre
et Echevins
Hôtel de Ville
bp.145
L-4002 Esch-sur-Alzette
13 janvier
1992
Monsieur le Bourgmestre,
Madame et Messieurs les Echevins,
Votre décision qui m'est parvenue, le 10 janvier 1992, suite
à ma lettre du 18 décembre 1991 (réf.14.178-GW/MJS)
concernant les subsides supplémentaires accordés au
Théâtre d'Esch dans le cadre du budget de l'Etat 1992,
m'afflige, mais ne m'étonne guère.
Ainsi, tous les efforts
que j'ai faits personnellement pour procurer au Théâtre
de nouvelles ressources financières qui lui permettraient de
prendre un nouvel élan, tout en évitant de grever davantage
le budget communal, n'ont conduit qu'à une absorption pure
et simple de cet argent par vous et votre recette communale, sans
que le Théâtre ne puisse en profiter pour un iota.
Je suis obligé de
considérer votre décision comme une mesure qui freine
définitivement l'évolution positive de notre Maison
de la Culture, et cela au moment-même où la capitale
du pays est non seulement porteuse des projets les plus grands et
les plus généreux: Ville culturelle d'Europe, Musée
d'Art Contemporain, Hall Polyvalent, Centre de Création et
d'Animation au Grund (anciennes prisons), mais où elle fait
elle-même, de ses propres moyens, un pas décisif en avant,
en publiant une brochure mensuelle commune à toutes ses institutions
culturelles, en mettant la gestion financière et la vente des
billets sur ordinateur et en préparant l'instauration d'un
point de vente central.
Depuis 1985, je me suis
continuellement engagé à fond par ma personne et avec
ma santé pour que le nom d'Esch devienne synonyme de "haut
lieu de la culture".
Je crois pouvoir affirmer
que j'ai réussi non seulement à maintenir tous les acquis
de mon prédécesseur, mais à conférer à
la Ville d'Esch, à son Théâtre et à sa
Galerie d'Art une nouvelle renommée.
Je dois toutefois constater
que vous êtes insensibles à ce que signifie en fait pour
Esch cette réussite qui est ma légitime fierté.
Monsieur le Bourgmestre,
Madame et Messieurs les Echevins, j'ai cette fierté, mais j'ai
aussi ma dignité.
Votre décision prouve
qu'incontestablement les responsables des destinées de notre
ville manquent du courage de vraiment oser et de réellement
aller de l'avant. Hélas!
Esch bouge. Oui, mais à
reculons.
Face à votre attitude,
je n'ai plus rien à mettre en balance et je désespère
de continuer.
La présente constitue
ainsi ma démission comme directeur du Théâtre
et de la Galerie d'Art.
Je vous prie de m'accorder,
à votre convenance, une entrevue, afin que je puisse discuter
avec vous les conditions pratiques de mon départ, les modalités
de l'organisation de ma succession et les questions financières
concernant mes jours de congé en suspens et mes heures supplémentaires.
Veuillez agréer,
Monsieur le Bourgmestre, Madame et Messieurs les Echevins, l'expression
de mes sentiments de déception et de regret.
Guy Wagner
.© copie
conforme
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