Entre-temps, dans les foyers les plus reculés de Luxembourg et de
la Grande Région, on sait qu’en 2007 nous sommes le nombril de la
culture en Europe …
Ah, j’ai failli oublier la lointaine Sibiu, proche de nous par des
origines et une langue similaires.
Comment envisageons-nous à kulturissimo de rendre compte de
l’année du Cerf?
Depuis sa fondation en 1995, les prémices ont changé: d’hebdomadaire,
il est devenu bimensuel, puis mensuel. D’une partie intégrante
du Tageblatt, il s’est muté en un complément culturel et socio-
politique.
Par la façon dont Tageblatt, Le Jeudi et Le Quotidien ont présenté
un supplément commun pour 2007 et par la manière dont ils
rendent régulièrement compte des manifestations, ils montrent
qu’ils envisagent d’offrir des informations aussi complètes que possible
sur l’année culturelle.
Ainsi se manifeste le mieux le changement
de cap qui s’est opéré. Il signifie que dans kulturissimo, nous
ne rentrerons pas dans la cerf-itude, mais que nous prendrons en
considération de manière responsable ce que l’année est en train
de faire bouger ou non.
Nous louerons et critiquerons, mais surtout,
nous éditerons quelques publications significatives au courant
de l’année.
Nous devons cependant dès maintenant constater qu’il y a un parent
pauvre dans la programmation: c’est la littérature au Luxembourg,
ce sont nos écrivains, c’est la diffusion de ce qui s’écrit ici.
C’est donc à la littérature que nous accordons la priorité dans le
premier numéro de kulturissimo 2007, dans lequel nous revenons
sur la controverse lancée par Tom Reisen début novembre 2006.
Nous présentons ses précisions, en souhaitant qu’ainsi un débat en
profondeur pourra être lancé. Nous y invitons cordialement les auteurs
et les lecteurs.
Nous regrettons vivement que Pat Wengler et Guy Rewenig ne
fassent plus partie de notre équipe. Nous les remercions de tout
eoeur de leurs magnifiques contributions et nous les assurons de
notre amitié indéfectible. Nous saluons le retour de René Kockelkorn
et l’arrivée de Laurent Fels, Margrit Klingler-Clavijo et Sophie
Richard-Reisen dans l’équipe des collaboratrices et collaborateurs
réguliers.
Comme par le passé, nous continuerons à proposer des vues
contradictoires, notamment sur les brûlants dossiers concernant le
Proche et le Moyen Orient. A vous de juger.
Il a ainsi fallu revenir sur la fin en horreur de l’année 2006: la
mise à mort de Saddan Hussein, un homme affreux, certes, un être
humain pourtant.
Quand on a vu les images des gens qui jubilaient qu’un grand criminel
soit éliminé par un assassinat „légal“; quand on a vu des
chaînes de télévision montrer en boucle les derniers instants d’un
tyran pour satisfaire le voyeurisme des masses; quand on a réalisé
qu’au moment où le condamné passait à la trappe, il a encore été
vilipendié; quand on a entendu un président des Etats-Unis parler
d’une „étape importante vers la démocratisation de l’Irak“ (sic!
mais de lui, rien n’étonne plus: du temps qu’il était gouverneur du
Texas, il a envoyé à la mort 140 condamnés); quand on pense que
toutes les grandes puissances ont aidé à fabriquer le monstre Saddam
qu’ils ont éliminé à la hâte; quand on a entendu le même jour
que le 3.000e soldat US est mort en Irak, on ne peut qu’avoir un
sentiment de dégoût et de honte.
Décidément, les conséquences du „9/11“ ne finissent pas de
nous montrer - comme dans un miroir - que le prétendu „homo sapiens“
excelle surtout dans la bestialité.
Bonne année?
Guy Wagner
-> p.s.: Plus que 739 jours de WPE Bush
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