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Etre compositeur aujourd’hui

Philippe Boesmans sur la musique d’aujourd’hui et sa démarche de créateur


 


Philippe Boesmans

Le Belge Philippe Boesmans est un des compositeurs de renommée internationale qui ont été invités à composer une oeuvre pour „Luxembourg, Ville européenne de la Culture 1995“.
Le résultat de cette commande a été son 2e Quatuor qui fut créé par le Quatuor Arditti, le 9 février 1995, et obtint d’emblée un accueil chaleureux pour la qualité de la composition, sa sensibilité et sa force expressive.
Notre entretien a été réalisé quelques heures avant cette création mondiale, dans un travail de synergie entre la Radio socio-culturelle 100,7 (Marco Battistella) et le tageblatt..

GW: Est-ce vous pourrez nous retracer un peu votre chemin, votre itinéraire? Je sais que vous êtes né en 1936, vous avez étudié le piano que vous avez abandonné, malgré une carrière prometteuse qui s’ouvrait à vous, et vous vous êtes adonné à la composition. Pourquoi?

PB:
J’étais jeune pianiste, c’était à la fin des années 50, au début des années 60, et, en fait, je travaillais à l’époque avec un très grand pianiste, Stefan Askenase, qui lui, m’avait dit que, bon, ce n’était pas mal, mais qu’il était tellement difficile de faire une carrière de pianiste ...
A la même époque, je m’intéressais très fort, mais de très loin, à la musique moderne de l’époque, aux choses que j’entendais à la radio.

Le rôle de la radio

La radio jouait un très grand rôle à l’époque pour moi, car j’habitais une toute petite ville qui s’appelait Tongres, au Limbourg, il n’y avait pas de concerts-là, de sorte que mon information musicale me venait de la radio.
Le soir, très tard, après dix heures, il y avait parfois des retransmissions, de Donaueschingen, c’est ainsi que j’ai connu les oeuvres de Webern que l’on ne jouait jamais en concert, mais depuis longtemps cela me fascinait.
Je crois que l’idée de création, l’idée d’écrire, était chez moi déjà quand j’étais très jeune, mais elle a été „censurée“ dans ma tête pendant mes études de piano.
J’avais choisi le piano, alors je faisais du piano. Pendant cinq ans, je travaillais comme un fou. J’avais commencé mes études très tard, et il n’était plus question d’écrire, mais je crois que la phrase d’Askenase: „Vous jouez très bien du piano, mais une carrière de pianiste, ce n’est pas si facile“, a tout déterminé, car alors je me suis dit: Je ne fais plus de piano!
Je me sentais brusquement libre de pouvoir écrire. C’est très étrange.
Et c’est là que cela a commencé. J’ai commencé par écrire quelques pièces qui ont été jouées.
Je travaillais à cette époque-là à la radio, RTB, à la création du „Troisième Programme“, en 1962, et quelques amis qui ont entendu mes partitions, m’ont encouragé à continuer.
J’ai toujours l’impression que je suis devenu compositeur un peu malgré moi: On m’a toujours dit que je devais continuer, et un jour, on m’a considéré comme un compositeur professionnel.
Je n’ai jamais arrêté. Je vis toujours à ce stage où chaque fois qu’on fait quelque chose, on essaie, où il y a toujours une aventure.

GW: Vous souvenez-vous de la première oeuvre et de sa création et quel effet cela vous a fait?

PB:
Oui, je m’en souviens. C’était une pièce pour deux pianos, „Sonances“, qui était jouée par Pierre Bartholomé et sa femme.

Un combat solitaire et solidaire

Il faut dire qu’à ce moment-là, nous avions créé un ensemble qui était l’ „Ensemble de Musique Nouvelle“, en 62-63, à Bruxelles...

GW: ... qui avait conquis une certaine réputation ...

PB:
... et qui existe d’ailleurs toujours. Et là-dedans, je jouais encore du piano, parce qu’au fond, personne ne voulait jouer la musique de cette époque-là, la musique d’avant-garde.
Il y avait peu de musiciens qui voulaient bien se dévouer, travailler, répéter la nuit ... pour faire des concerts où il y avait relativement peu de monde. La critique, de toute façon, était d’office contre tout ce que l’on faisait.
Moi, j’ai connu une époque où la critique été „contre“. Cela a changé fin des années 60, début des années 70, où il y a eu une critique qui défendait la musique d’aujourd’hui, comme ça.

GW: Du jour au lendemain?

PB:
Oui, il y a eu de nouveaux critiques qui sont venus et qui se sont dit: Quand même, ce n’est pas possible ...
C’était la même chose à Paris. Boulez faisait payer au „Domaine Musical“ les critiques. Il ne voulait pas donner de places gratuites, parce que, de toute façon, toute la presse était „contre“. Alors, ils pouvaient venir, mais ils devaient payer. Ce qui n’est pas mal. Les journaux devaient payer, on ne venait pas comme ça.

GW: Je pense quand même qu’à l’époque déjà Boulez pouvait se le permettre.

PB:
Il pouvait se le permettre.

MB: Pour la composition, votre départ était-il plutôt pianistique?


PB:
Non, même si mon instrument est le piano, je n’ai pas tellement écrit pour le piano, et je trouve que ce n’est pas pour moi la chose la plus facile, parce que je connais trop bien mon instrument. Alors, c’est plus facile d’écrire pour un orchestre, pour un instrument que je ne joue pas moi-même, parce que je dois plus chercher et quand j’écris pour piano, je suis peut-être plus dans ce que j’ai dans mes doigts,si vous voulez.

Une question de langage

GW: Beckett a changé ainsi de l’anglais au français, parce que l’anglais était trop facile pour lui ...

PB:
Je peux le comprendre, je le comprends très bien: On est ainsi quelqu’un d’autre. En tout cas, moi je m’en rends compte, quand je parle une autre langue, je ne suis pas exactement le même. Ma langue maternelle, c’est le néerlandais, et quand je parle le néerlandais, c’est plus régressif, parce que c’est aussi la langue de mon enfance, celle où j’étais petit, et tout a l’air plus gentil, plus rassurant pour moi, et quand je parle une autre langue, comme l’allemand. J’ai une autre psychologie: Avec les langues on se travestit.
J’ai souvent été en Allemagne, à Bayreuth, quand j’étais plus jeune, et j’ai trouvé que ma façon de penser était une façon de penser petite-bourgeoise allemande, la „Gemütlichkeit“, et je le vivais comme ça aussi.
L’histoire de Beckett est très belle. C’est très beau de chercher un autre moyen d’expression. Je crois que c’est ainsi quand on écrit pour un instrument qu’on ne joue pas. On le connaît, mais on ne le joue pas... On change de langue.

GW: Est-ce qu’on change aussi d’écriture quand on compose ainsi?

PB:
Forcément, on change d’écriture quand on compose pour un instrument qui n’est pas le sien, mais le changement d’écriture est un problème plus général. On change toute sa vie d’écriture.
J’ai l’impression que l’écriture, on ne la trouve jamais. On la cherche, on cherche quelque chose quand on écrit, qu’on ne trouvera jamais, je crois, que ce qui est important, c’est le chemin vers ce but qu’on a. Qu’est-ce qu’on cherche? On cherche l’utopie, on cherche une liberté, dont on ignore soi-même la portée, une liberté qui nous dépasse quelque part.

La question de la compréhension

MB: Mais pour un compositeur c’est encore plus compliqué, étant donné que vous n’avez que les notes qui doivent encore être traduites, alors qu’on auteur a toute de suite son texte.

PB:
Le problème de la lecture, de la compréhension musicale, c’est une chose dont on peut beaucoup parler, parce que c’est un phénomène très étrange.
Je ne crois pas que celui qui comprend la musique soit nécessairement celui qui connaît la musique, je crois que cela n’a rien à voir ...
Si vous mettez dans la salle deux personnes, dont l’une est quelqu’un qui connaît la langue de la musique qui connaît les codes qui, quand il entend la musique, peut se dire: C’est ça et c’est ça, c’est tel accord, et qui reste indifférent à la musique, et qu’à côté de lui il y a quelqu’un qui ne connaît pas ça, mais qui est touché par ce qu’il entend, c’est lui qui a compris, c’est lui qui a reçu le message. Beaucoup de gens me disent: Oui, mais moi je ne connais rien à la musique. Quand on connaît, cela ne veut pas dire qu’on comprenne.

GW: De toute façon, la majeure partie des gens qui sont confrontés avec la musique d’aujourd’hui, ont des problèmes, parce qu’ils n’ont jamais appris le cheminement de ce langage.

MB: Est-ce qu’on peut apprendre le cheminement de ce langage?


PB:
Oui, mais pas par l’écriture! On apprend par l’habitude d’écoute, je crois. Ce n’est pas comme pour la poésie ou pour un roman. Ce n’est pas la même expérience.


Le cheminement d’un compositeur de l’après-45

GW: Parlons de votre propre cheminement. Vous avez dit que vous avez été très influencé par la radio, pris par Webern...

PB:
Au début de mon chemin, oui, mais en fait, je suis d’une génération différente de celle de Boulez, je suis une demi-génération plus tard. Eux avaient déjà beaucoup fait à ce moment-là. Quand moi j’ai commencé à écrire, au fond, mon problème était de savoir comment sortir de ce qu’eux ils ont fait. Oui, c’est ça. Je crois qu’eux-mêmes se posaient alors cette question. Ce problème se posait à eux aussi, à Berio, par exemple.
Ils étaient très rentrés dans un système d’écriture que moi, à l’époque, je trouvais déjà trop fermé sur lui-même et trop systématique.
Il y avait un trop grand souci de la forme. La forme avait pris une place énorme, mais c’est surtout depuis „maintenant“ qu’on le voit.
A l’époque, il fallait se battre contre tout ce qui était académique, maintenant, je trouve qu’il faut se battre contre les restants de ce formalisme qui a été poussé tellement loin.
On a appelé la musique à un moment „musique expérimentale“ comme si en musique, en art en général, il pouvait y avoir un progrès, et cela, je ne le crois pas. Et des gens comme Adorno ont très fort défendu cette idée-là qu’il y avait un progrès dans la musique, comme si la musique pouvait devenir meilleure. Elle change... selon les besoins, selon l’homme, la société dans laquelle on vit, mais il n’y a pas de progrès. En tout cas, je n’y crois pas.

La composition, un bel objet

GW: Est-ce que le système même de Webern n’impliquait pas déjà le corset qu’on a ensuite mis?

PB: Webern a trouvé cela pour lui, et c’est très bien.
Ce qu’il y a surtout pour les oeuvres des années 50-60, c’est que ce sont des oeuvres qui, du fait de leur système extrêmement fermé sur lui-même, ne faisaient plus de place pour l’expressivité. La musique ne pouvait pas être joyeuse, triste, elle pouvait seulement être un bel objet. Les compositeurs ont fait de très beaux objets, je suis d’accord, il y avait une espèce de pudeur, c’était typique d’un art qui avait été imaginé après guerre. Il fallait quelque chose de propre... Je crois que c’était une réaction. Et ils
Les compositeurs ont même trouvé un langage commun, ce qui ne s’était plus vu depuis le 18e siècle. Cela n’a pas duré non plus. Cela ne pouvait pas durer. Je crois qu’entre des pièces de Boulez et de Stockhausen de ces années-là, il n’y a pas plus de différence qu’entre la musique de Torelli ou de Vivaldi, disons.
Mais à partir du 18e siècle, toutes les musiques sont devenues différentes, à partir du romantisme c’est le moi qui s’affirmait, chacun voulait écrire sa musique, et je crois qu’on n’est pas sorti de cela: Il n’y a pas de place pour un langage commun...
Certes, il y a eu cette période-là, l’après-45, mais cela ne pouvait pas durer: Si on écrivait une pièce et qu’on demandait pour le même festival dans deux ans une nouvelle pièce, et qu’on faisait la même chose, on ne vous jouait plus. On attendait que vous fassiez quelque chose de nouveau... C’est le signe de tout un temps, pas seulement de maintenant. C’est un signe de type de société...
Les choses évoluent. Ce n’est pas comme ça dans certains pays, dans certaines ethnies, comme en Inde où la culture est différente, sauf la culture occidentale importée là-bas.
On n’y échappe pas. Je crois qu’un compositeur aujourd’hui, s’il ne tient pas compte de ça, il se tue, il ne sera plus joué.
Il faut peut-être résister. Je ne pose pas cette société-là comme modèle. Je dis que c’est un fait. C’est comme ça.

MB: Dans votre travail, on doit constater que vous écrivez pour beaucoup de genres différents, pour des instruments très divers, des formations très particulières même. Est-ce que ça c’est un besoin ou étaient-ce des commandes qui étaient plus spécifiquement orientées vers tant et tant d’instruments, ou telle et telle combinaison d’instruments?


PB:
Je crois que c’était plutôt un besoin de couleurs, je pense, parce qu’au début, il y avait très peu de commandes et pourtant cela s’est très vite diversifié. Je sais que j’ai toujours envie d’écrire autre chose que ce que je suis en train d’écrire. Quand je suis en train d’écrire un quatuor, j’ai envie d’écrire une pièce pour orchestre, et le contraire de ce que je suis en train de faire me paraît toujours facile.
C’est vrai que, quand Luxembourg m’a demandé d’écrire une oeuvre, à ce moment-là je rêvais de faire un deuxième quatuor, et je l’ai proposé à l’asbl. ...

GW: ... et, comme coordinateur à l’époque, j’ai spontanément dit „oui“ ... Parlons un peu de ce quatuor. Vous l’avez appelé „Eight Summer Dreams“.

PB:
Je crois que ce que je cherche, pas seulement dans ce quatuor, mais dans les dernières pièces que j’ai composées, j’en suis plus conscient qu’auparavant.
En ce qui concerne le quatuor, ce sont en fait huit pièces. D’abord, je voulais écrire des contes, mais j’ai trouvé les rêves plus beaux, parce que les rêves peuvent être très diversifiés, de caractère très différent - érotiques, étranges, où plus rien n’avance, où tout stagne, obsessionnels, cauchemaresques, où les choses ne sont pas à leur place.

GW: Vous avez aussi écrit une oeuvre qui s’appelle „Day Dreams“ ...

PB:
... et une autre qui s’appelle „Dream Time“.

MB: Le monde du rêve vous fascine?


PB:
„Day Dreams“, c’est le rêve éveillé, ce sont les associations libres, en psychanalyse.
Ici, il s’agit des rêves d’été? Pourquoi? Parce qu’en été, les rêves sont plus intenses. Je me souviens ainsi de rêves le soir quand j’avais pu un peu trop de café, un rêve où on ne dort pas profondément, un mal de tête, il y a une pièce comme ça, la troisième du quatuor, pour moi, c’est ça, c’est un rêve intense, un peu douloureux, mais quand même très beau pour moi.

GW: Donc, le quatuor se structure en huit parties?

PB:
En huit mouvements, oui.

GW: Vous avez donné un titre à chacun des mouvements?

PB:
Non, pas du tout. Je laisse cela plus ouvert.

GW: A l’auditeur d’être libre d’y voir ce qu’il y entend.

PB:
Des titres, certes, j’aime bien en donner aussi, surtout que dans les années 60, on n’aurait jamais osé le faire, on les appelait: „Structures“, „Structures II“, „Structures III“... J’aime suggérer davantage dans les titres.

Le caractère narratif de la musique

Dans les années 60, la musique avait perdu quelque chose, volontairement, à savoir, son caractère narratif, et c’est ce que j’essaie de retrouver: Que la musique „raconte“ des histoires, pas des histoires réelles comme les poèmes symphoniques, certes, mais une pièce de Schumann, p.ex., raconte quelque chose sur Schumann, parle de lui, et Schumann parle dans sa musique de sa propre expérience de vie, de ses souffrances, de ce qu’il a aimé...
Toute bonne musique a un contenu narratif. Tous les compositeurs travaillent avec ce qu’ils ont d’un part derrière eux, notamment l’histoire de la musique. On ne peut pas faire abstraction de ce qu’il y a derrière nous, cette histoire universelle est là, et il faut l'impliquer.
Deuxièmement, il y a pour chacun sa propre histoire, son histoire personnelle, tout ce que l’on a vécu, et quand on peut raconter dans la musique les choses qu’on a vécues, à ce moment-là, celui qui vous écoute peut comprendre, peut se mesurer à la musique d’un autre.
Quand moi j’entends une musique qui est nouvelle et quand je la trouve belle, j’ai l’impression qu’elle a toujours existé, j’ai l’impression qu’elle est évidente, qu’elle était déjà là, et c’est pour cela que les oeuvres, quand elles nous touchent, elle nous réconfortent, elles nous humanisent quelque part.

Rester jeune par la création.

GW: Vous avez à plusieurs reprises parlé de couleurs spécifiques, d’une part, et de l’autre, de cette ouverture que chaque oeuvre devient pour ainsi dire une nouvelle impulsion, comme si vous étiez toujours dans votre jeunesse.

PB:
Je crois que c’est là l’idée même de jeunesse. Je crois qu’on compose pour rester jeune quelque part. Je crois que la faculté de composer c’est deux choses:
De l’enfance, on doit pouvoir avoir l’audace ou le manque de complexes ...

GW: ... et la pureté du regard ...

PB:
... et de l’adulte on doit avoir les possibilités de celui qui sait écrire, le métier. Si on a trop de l’un ou de l’autre, cela ne va pas. Si l’on a trop de l’enfance, on ne sait pas écrire, on n’a pas la patience d’écrire, si l’on n’a que du métier, bien c’est bien f ait, mais il y n’y a rien derrière. Je ne souviens de pièces que j’ai moi-même écrites, des pièces anciennes, de certains passages, que je juge maintenant ainsi, me disant: là il y a trop de savoir-faire et là il y a trop peu de métier.

GW: Etes-vous critique envers vous-même?

PB:
En général je vois mieux pour des pièces plus anciennes.

GW: Vous avez plus de distance.

PB:
C’est comme si ce n’était pas moi qui l’avais faite. Je ne vis plus avec ça.

MB: Une fois une oeuvre terminée, vous vous en distancez ou vous vivez toujours avec elle?


PB:
Je vis toujours avec elle un certain temps, surtout autour de la création; après, moins, mais parfois j’en redécouvre une, comme récemment à Francfort mon concerto pour violon qu’Arditti précisément a joué, je ne l’avais plue entendu depuis longtemps, mais quand je l’a réentendu, j’étais content.

MB: Quand vous écrivez une oeuvrem pensez-vous aux interprètes? Pour votre 2e Quatuor, pensiez-vous au Quatuor Arditti?

PB:
J'y pense indirectement. Ici, j'y pensais, parce que je le savais dès les début. Ils m'avaient déjà dit qu'ils voulaient un deuxième quatuor de moi, et maintenant, ils en veulent un troisième, - oh, ce n'est pas pour tout de suite, j'ai trop de projets en vue, - mais je ne pense pas aux sonorités d'un tel ou tel.
J'ai pensé aux Arditti, parce que je les aime. C'est une histoire d'amour, vous savez, quelque part.

© Guy Wagner & Marco Battistella, 1995, tageblatt, 15 mars 1995

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