Editorial Au feu!… Au feu!… Au fou!Cela fait tout juste un mois qu’il détient le pouvoir usurpé par fraude frauduleuse et complicité criminelle, le serial killer George Dead Man Walker Bush, qui se fait appeler «Doubleyou». C’est bien ça, il a doublé tout le monde! Et maintenant, il est en train de nous baiser. Trop impatient pour pouvoir attendre plus longtemps, maintenant qu’il peut jouer avec de vraies grosses armes, il a donné l’ordre de lancer ses premières bombes. Sur Bagdad... Ou, plus précisément, comme on nous l’explique, sur la "banlieue de Bagdad". Comme s’il n’avait pas déjà assez tué chez lui au Texas, voilà qu’il se cherche des cibles ailleurs. Les Irakiens, victimes de ses frappes aériennes, n’étaient pas nés pour ça. Mais Junior n’a plus pu attendre plus longtemps avant de taper sur cet ennemi que son imbécile de papa n’avait pas réussi à terrasser et qui est toujours là, dix ans après cette fameuse Guerre du Golfe et la "Tempête du Désert". Seulement, maintenant, ceux qui l’avaient déclenchée, les fameux conseillers de papa Bush, et notamment ce Colin Powell qui n’augure de rien qui vaille, sont de retour, après l’intermède Clinton qui a duré huit ans. De quoi s’impatienter, non? Mais tout est bien maintenant, car on peut de nouveau y aller de son contingent de bombes. On affirme seulement «réagir». Tiens, donc! Réagir contre quoi? Contre les "provocations" de Saddam Hussein, nous dit-on. Quelles provocations? A-t-on entendu parler ces derniers mois de telles «provocations»? Décidément non. Il n’y a donc même plus de prétexte. Tout se passe comme si, fixé depuis toujours sur l’ennemi héréditaire de son papa, fiston en avait fait le sien aussi. Il n’a d’ailleurs pas cessé d’en parler pendant son effrayante campagne électorale. Et, comment s’appelle en psychanalyse le fait que le fils veuille absolument imiter le père, sinon réussir là, où Daddy a abandonné? Coucou, Papa! J’y vais, Papa! Je te vengerai, Papa, je te justifierai, je te débarrasserai de l’humiliation qui pèse sur toi, Dad, et toi, ma chère Mum, avec ton air benêt, et toi, mon frangin, toi qui as fait si fort pour que je sois parachuté là où je me trouve maintenant, je vais tous vous justifier, je vais vous sauver! Oh, mon cher Daddy, maintenant je sais comment te remercier, toi qui me défends si bien quand tu paraphrases: «A Fish Called Wanda»: «Don’t call my son stupid!» Car, c’est bien à cela que toute cette intervention destructrice rime. Complexe du fils qui veut réussir là où papa a échoué. Ou revanche du fils sur un monde qui dit tant de mal de lui et de ses ascendants. Ou vengeance pour les humiliations considérées comme toutes personnelles. Ou… De toute évidence, c’est un cas pour le psy. En même temps, on peut à nouveau montrer qu’on est toujours les meilleurs au «Salon Universel de l’Armement». Bon, avouons, qu’il y a deux ans, au Kosovo, cela n’a pas été tellement brillant et que notamment les fameux «Apaches» étaient un bide complet, le reste étant à l’avenant, avec ce "syndrome des Balkans" à propos d’armes à l’uranium enrichi, … que nous avons aujourd’hui et qui a succédé au "syndrome du Golfe", … pour lequel on n’a toujours pas trouvé de réponse. Peu importe, l’essentiel est que ceux qui veulent acheter et dépenser d’autres milliards pour leur armement, voient où en sont les chers fabricants de la mort US. Le moment des frappes est d’ailleurs particulièrement bien choisi et démontre une intelligence d’une dimension planétaire. Fallait-il vraiment qu’elles aient lieu quelques jours avant la tournée de Colin Powell dans un certain nombre de capitales arabes et quelques jours après l’élection du sinistre Ariel Sharon comme Premier ministre d’Israël? Comme si cet Etat n’avait déjà pas assez à faire avec lui-même, voilà que Bush et sa bande à benêts en ajoutent encore à la tension dans cette partie du monde au bord du gouffre. Faut-il s’étonner qu’un tollé général ait répondu à cette attaque inqualifiable? De la part des «alliés», frustrés de ne pas même avoir été informés ni prévenus et encore moins consultés. De la part de la Russie et de la Chine, considérés comme quantité négligeable. De la part des pays du Proche et Moyen Orient: Egypte, Syrie, Yémen, la Ligue Arabe, qui ont tous condamné ces raids hors des zones d'une exclusion aérienne qui elle même est déjà fortement contestée. Et bien entendu, ça, W, ce monstre de subtilité politique, ce "Dan Quayle sans le cerveau", comme on l’appelle, il ne l’a pas pris en compte: C’est Bagdad qui profite de ce malaise, de cette irritation, de cette colère, en appelant à manifester: «Que le 24 février soit un jour de protestation contre la visite de Colin Powell (…) et d'expression de la colère, par tous les moyens, contre les crimes commis contre les peuples irakien et palestinien», a écrit Sadoun Hammadi, le président de l'Assemblée nationale irakienne, dans une lettre adressée aux parlements arabes. Devant tant de débilité politique made in USA, on reste Bush bée. Mais qui est là et lèche la patte au serial killer, comme un bon petit toutou bien dressé? Le cher Tony, le "softie" du "socialisme". Avant des élections, pas gagnées d’avance à cause de toutes ses propres conneries et celles de son gouvernement qui a une peur bleue d’être traité de rouge, il faut qu’il montre au nouveau locataire de la Maison Blanche que lui, il est son allié le plus fidèle et que sa longue lune de miel avec le démocrate Clinton, c’était raison d’Etat, n’est-ce pas? Pas de quoi jeter une ombre au tableau des relations anglo-américaines! Quand les Britanniques vont-ils donc enfin se tourner vers une Europe dont ils peuvent attendre autre chose que de ces USA? Ces USA qui, pour leur hégémonie, et avec un type pareil à leur tête, sont prêts à écraser tout ce qui risquerait de se trouver sur leur passage vers la conquête universelle, car, non seulement, «Doubleyou» n’a pas de cervelle, mais il est fou à lier. Au secours! Guy Wagner
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© Guy Wagner, kulturissimo (Tageblatt) - 21.02.2001 Retour articles de presse... |
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